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Les 5 et 6 octobre 1789

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Message par Invité Jeu 20 Fév 2014, 18:43

marie antoinette a écrit:
Pour les 5 et 6 Octobre  - sur le BOUDOIR, je m'étais donné le mal de recopier l'interrogatoire officiel au CHATELET DE PARIS de MADAME AUGUIE et des dames présentes lors de cette nuit, dont certaines étaient dans la chambre de la Reine ....Madame JARJAYES par exemple.
si on ne peut le remettre, je suis prête à le taper à nouveau !!!!!!

je vais consulter NEWTON pour retrouver l'emplacement de l'appartement E.... qui aurait été prêté à FERSEN  !!!!!!!

La Reine s'était couchée, en chemise, c'est à dire en ayant enlevé sa jupe et son ou ses jupons  - elle revenait de TRIANON et son habillement était celui d'une journée à la campagne - point de robe de cour .....mais elle n'était certainement pas en tenue de nuit ou en nuisette !!!!!

Je suis certaine qu'elle n'a pas du dormir profondément avec la foule circulant sous ses fenêtres ; peut-être a-t-elle reçu des personnes de son entourage, dont AXEL et encore cela n'a pas point été rapporté
mais le Roi s'étant retiré, on estimait qu'un repos était nécessaire pour l'ensemble des membres de la Famille Royale présents au château  - j'ai évoqué le témoignage d'un "chevalier au poignard" récemment sur ces pages.



MARIE ANTOINETTE Smileàè-è\':

Voilà ce que j'ai retrouvé :

Marie-Antoinette avait écrit :


Ne sachant où placer cette modeste liste, je reviens sur l'affaire du 5/6 Octobre 1789 des personne présentes ou non au CHÂTEAU ces jours-là !!!!
dans le livre de 1790 les interrogatoires du Châtelet - 388 convocations, j'ai trouvé quelques personnages connus , par contre impossible de savoir par quel moyen ils ont été choisis .... car dans certaines mémoires d'autres personnages sont nommés !!!!!par exemple Monsieur DE ROUGEVILLE !!!!!

j'ai retrouvé, entre autres :
Madame AUGUIE et Madame NOLLE veuve THIBAULT - Monsieur DE LAFAYETTE - BARON DE BATZ - RAIGECOURT -VALORY (varennes) BLAIZOT (libraire de la cour) MIOMENDRE (qui avait bloqué la porte de l'appartement de la Reine) VILLE D'AVRAY - BERTHIER le père - DE LA CHATRE -
DUPONT serviteur de Monsieur DE TALARU - en service dans le PAVILLON TALARU - Cour des Ministres -
LOUISON (la jeune fille qui est venue demander du pain au Roi)
Interrogés et non présents - Messieurs DE LABORDE - DE CHAMILLY (valet du Roi)

MIRABEAU présent à l'ASSEMBLEE NATIONALE qui confirme que le DUC D'ORLEANS était dans l'enceinte avec BIRON et ses fils dont CHÂRTRES !!!!!! on l'a vu dans la foule près du château - et des chevaux avec serviteurs à ses armes se tenaient à l'entrée des grilles du château -

De nombreux, grand noms de la Cour, membres de l'ASSEMBLEE NATIONALE étaient dans la salle de l'ASSEMBLEE et n'ont pas bougés des lieux !!!!!

Il y aurait un gros travail à reprendre ces interrogatoires pour écrire une nouvelle histoire exacte de ces évènements !!!!!! Il est à remarquer qu'il n'y a pas beaucoup de femmes ou de dames !!!!!!

J'ai replacé le livre dans la bibliothèque pour un bon repos !!!!

Amicalement MARIE ANTOINETTE

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Les 5 et 6 octobre 1789 Empty Les journées d'octobre 1789

Message par Invité Jeu 20 Fév 2014, 18:59



La nuit, la neige a écrit somewhere :

Majesté a écrit:Ainsi le pauvre qui avant de tomber mort sauva sa souveraine en commandant à l'une de Ses femmes de chambre :
"Madame! Sauvez la Reine! On vient pour l'assassiner !"
Selon certaines versions, la populace n'aurait pas atteint la chambre de la Reine ...

Oui, selon la plupart des versions. Les 5 et 6 octobre 1789 Icon_wink
En voici quelques-unes...
Notez-bien les variantes. Les 5 et 6 octobre 1789 Icon_scratch

Les 5 et 6 octobre 1789 Wj8kdvedcy_tn

Saint Priest :

Cette canaille, à l'ouverture des grilles, se rua avec fureur dans la petite cour nommée "des princes", et soit par le grand escalier, soit par l'escalier de marbre, ces gens montèrent à l'appartement de la reine.
Le garde du corps en sentinelle, entendant du bruit, poussa la porte ; elle fut bientôt forcée et lui égorgé, ainsi qu'un de ses camarades, d'autres couchés tout habillés, furent saisis dans leurs lits ; mais cette expédition donna le temps aux valets de pied de la reine, qui veillaient dans l'antichambre, d'en assurer les portes avec des banquettes, des tabourets, et par leurs efforts réunis d'arrêter les assassins.
Une femme qui couchait dans la chambre de la reine la réveilla, elle n'eut que le temps de passer une robe et ses jupons et s'échappa par la communication qui existait entre l'appartement du roi et le sien, elle y passa pour se réfugier. Le roi a dit lui même, dans la suite, qu'il avait défendu à ses gardes de faire usage de leurs armes et il faut l'en croire, mais ceux-ci n'auraient été nullement blâmables en pareil cas de désobéir.
Ceux qui avaient saisis dans l'appartement de la reine furent conduits hors de la cour des ministres sur la place d'armes et allaient être égorgés lorsque La Fayette, qu'on avait été chercher, arriva et, à l'aide de quelques soldats des gardes françaises, fit relâcher ces victimes
.

Campan :

Au sortir de la chambre de la reine, ces dames (Mmes Thibaut et Auguié) appelèrent leurs femmes de chambre et se réunirent toutes quatre, assises contre la porte à coucher de sa majesté.
Vers quatre heure et demi du matin, elles entendirent des cris horribles et quelques coups de fusil ; l'une d'elles entra chez la reine pour la réveiller et la faire sortir de son lit ; ma soeur vola vers l'endroit où lui paraissait être le tumulte ; elle ouvrit la porte de l'antichambre qui donne dans la grande salle des gardes et vit un garde du corps, tenant son fusil en travers de la porte et qui était assailli par une multitude qui lui portait des coups ; son visage était déjà couvert de sang ; il se retourna et lui cria : "Madame, sauvez la reine ; on vient pour l'assassiner".
Elle ferma soudain la porte sur cette malheureuse victime de son devoir, poussa le grand verrou et prit la même précaution en sortant de la pièce suivante, et, après être arrivée à la chambre de la reine, elle lui cria "sortez du lit, Madame ; ne vous habillez pas ; sauvez-vous chez le roi"
La reine épouvantée se jette hors du lit, on lui passe un jupon, sans le nouer, et ces deux dames la conduisent vers l'Oeil-de-boeuf.
(...)
Il n'est pas vrai que les brigands aient pénétré jusqu'à la chambre de la reine et percé de coups d'épée ses matelas. Les gardes du corps réfugiés furent les seuls qui entrèrent dans cette chambre, et si la foule y eût pénétré, ils auraient été massacrés.
D'ailleurs, quand les assassins eurent forcé les portes des antichambres, les valets de pied et les officiers de service, sachant que la reine n'était plus chez elle, les en prévinrent avec un accent de vérité auquel on ne se méprend jamais.
A l'instant, cette criminelle horde se précipita vers l'Oeil-de-boeuf, espérant sans doute la ressaisir à son passage.


La Tour du Pin :

La preuve que l'on n'avait pris aucune précaution extraordinaire, c'est que les assassins, parvenus au haut de l'escalier de marbre, et conduits certainement par quelqu'un qui connaissait le chemin à suivre, tournèrent dans la salle des gardes de la reine, où ils tombèrent à l'improviste sur le seul garde aposté en ce lieu.
Ce garde se précipita à la porte de la chambre à coucher, qui était fermée en dedans, et ayant frappé à plusieurs reprises avec la crosse de son mousqueton, il cria "Madame, sauvez-vous, on vient vous tuer".
Puis, résolu à vendre chèrement sa vie, il se mit le dos contre la porte ; il déchargea d'abord son mousqueton, se défend ensuite avec son sabre, mais est bientôt écharpé sur place par ces misérables qui, heureusement, n'avaient pas d'armes à feu. Il tombe contre la porte, et son corps empêchant les assassins de l'enfoncer, ceux-ci le poussèrent dans l'embrasure de la fenêtre, ce qui le sauva.
Abandonné là sans connaissance jusqu'après le départ du roi pour Paris, il fut alors recueilli par des amis.
Ce brave nommé Sainte-Marie, vivait encore à la Restauration.


Le comte d'Hézecques :

Cette multitude d'assassins monta l'escalier de marbre, se jeta à droite dans la salle des gardes de la reine, en vomissant des injures les plus atroces contre cette princesse, et en demandant sa tête à grands cris.
Les gardes blessés, assommés, se dérobent dans la grande salle.
Varicourt, le frère de Mme de Villette, la fameuse Belle-et-Bonne de Voltaire, est entraîné, conduit à l'homme à la grande barbe, et bientôt sa tête est à côté de celle de Deshuttes.
Durepaire et Miomandre de Sainte-Marie, après avoir averti par leurs cris les femmes de la reine, donnent le temps, par leur vigoureuse résistance, de barricader la porte.
Miomandre reçoit un coup de crosse de fusil sur la tête ; le chien pénètre le crâne ; et sa tête aurait augmenté les trophées sanglants de cette matinée, si plusieurs de ses camarades, réfugiés dans la grande salle, et revenant sur leurs pas pour se soustraire à une autre bande de brigands montés par l'escalier des Princes, ne l'eussent secouru et ne se fussent fait jour jusqu'à l'autre salle qui précédait les appartements du roi.
Aux cris de sa garde égorgée, la reine, que la fatigue et l'inquiétude avait forcé à prendre un peu de repos, est réveillée.
Son effroi lui permit à peine de prendre un léger vêtement, et de se soustraire au danger, en se réfugiant près de son époux.
(...)
On a dit, dans le temps, que ces monstres, ayant pénétré jusqu'au lit de la reine, avait percé les matelas à coups de baïonnettes.
Le fait est faux ; ils n'allèrent pas plus loin que la salles des gardes.
La lutte qui s'y engagea donna le temps d'assurer la porte. J'ai examiné moi-même le lit de la reine, deux jours après, sans y trouver aucune trace de violence.
Il est à remarquer que les gardes du corps, dans l'intérieur du château, n'avaient point leurs armes chargés, et ne purent, par conséquent, se défendre contre les brigands qu'avec leurs épées ; et que bientôt les portes eussent été enfoncées si le général La Fayette, sorti enfin de son sommeil, ne fût arrivé avec la garde soldée de Paris, et n'eût véritablement sauvé la famille royale, en éloignant ces cannibales.


Et enfin, Mme de Tourzel Les 5 et 6 octobre 1789 Icon_basketball:

Ces bandits, qui n'éprouvaient aucun obstacle, massacrèrent deux gardes du corps qui étaient en sentinelle sous la voûte de l'appartement de Mesdames, tantes du roi, et leur firent couper la tête par un monstre qui les suivait, et qui se faisait appeler Coupe-tête.
Ils montèrent ensuite le grand escalier et allèrent droit à l'appartement de la reine. Les gardes du corps, quoiqu'en petit nombre, en défendirent l'accès avec le plus grand courage ; plusieurs furent blessés dangereusement, entre autres MM de Beaurepaire et de Sainte-Marie * ; mais ils eurent heureusement le temps de crier : "Sauvez la reine !"
Madame Thibaut, sa première femme de chambre, qui ne s'était heureusement pas couchée, n'eut que le temps de lui donner une robe et de la faire sauver chez le roi.
A peine Sa Majesté avait-elle quitté la chambre, que ces scélérats en forcèrent l'entrée, et, furieux de ne l'y plus trouver, donnèrent des coups de pique dans son lit, pour ne laisser aucun doute sur le crime qu'ils se proposaient de commettre.

* Note de Mme de Tourzel : M. Miomendre de Sainte-Marie est mort en émigration, et je ne l'ai pas vu depuis cette horrible journée.
M. de Beaurepaire venait faire sa cour au roi et à la reine aussi souvent qu'il le put sans danger.

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Message par Gouverneur Morris Jeu 20 Fév 2014, 20:30

Merci beaucoup Majesté  Very Happy . C'est très parlant ! Pour avoir lu ces différents mémorialistes, mon sentiment personnel me porterait à croire d'Hézecques. Mais c'est tout personnel :Les 5 et 6 octobre 1789 2028181902 

Je vais également chercher de mon côté. Mais il me semble que justement, aucun mémoire des bâtiments du Roi ne mentionne la réparation de la porte de la chambre de la reine après octobre... Ce qui serait un indice.

Par contre, la Reine changea bien ses habitudes en renonçant à coucher dans sa chambre du RDC cette nuit-là, non ?

Pour le témoignage de Miomandre de Sainte-Marie :

http://books.google.lu/books?id=JMKUNegeDbMC&pg=PA347&lpg=PA347&dq=miomandre+de+sainte+marie&source=bl&ots=dXTjRCPj5B&sig=xY65oJxbqxvkdj-gp3iXsj-bFDk&hl=de&sa=X&ei=nVgGU6bvO4aShQe_1IHQDQ&ved=0CDgQ6AEwAQ#v=onepage&q=miomandre%20de%20sainte%20marie&f=false
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Message par Invité Jeu 20 Fév 2014, 21:13

Oui moi aussi de la liste je croirais plutôt le comte dHézecques, car à mon avis le plus neutre de tous ces mémorialistes.

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Message par Invité Jeu 20 Fév 2014, 21:42

Lors de ma visite conférence sur les journées d'octobre, l'historien nous a révélé que la chambre de la Reine était demeurée intacte car les émeutiers se sont tout simplement perdus dans le château et n'ont donc jamais atteint la chambre de Marie-Antoinette. Ce qui a permis à cette dernière d'avoir un laps de temps afin de s'enfuir inextrémis. en ces jours d'octobre, un indice certain est à prendre en considération: l'entrée au château était modifiée car la façade de l'aile sud était tout simplement en rénovation ! Quant au malheureux garde blessé, laissé pour mort, il sauva sa peau en se réfugiant derrière un rideau , mais malheureusement le sort s'acharne, car il finira guillotiné pendant la révolution ! Je me souviens également que le conférencier nous avait dit: qu'il avait fallut diriger la famille royale,ailleurs que dans les escaliers de la Reine, car ceux-ci étaient maculés du sang des pauvres gardes massacrés !

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Message par Mme de Sabran Jeu 20 Fév 2014, 22:30

l'amour menaçant a écrit: Quant au malheureux garde blessé, laissé pour mort, il sauva sa peau en se réfugiant derrière un rideau , mais malheureusement le sort s'acharne, car il finira guillotiné pendant la révolution !

Le pauvre ! c'était bien la peine ...
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Message par Gouverneur Morris Ven 21 Fév 2014, 01:12

Voici le récit qu'en fait Diphildor sur Connaissances de Versailles dans l'éphéméride de ce forum :

Le 5 octobre 1789
L'arrivée à Versailles des femmes venues pour réclamer du pain


Les parisiens avaient tout d'abord été appelés à se rassembler sur la place de l'Hôtel-de-Ville. Ainsi arriva Antoine-Joseph Santerre, menant les gens du faubourg Saint-Antoine. Mal défendu par quelques gardes nationaux, l'hôtel de ville fut même envahi et des pillages furent commis, le temps que mit le commandant général La Fayette pour arriver avec des renforts. On demanda à ce dernier de se rendre à Versailles avec la garde nationale pour exiger du pain et le retrait du régiment des Flandres. Après en avoir délibéré avec le maire de Paris, Bailly, il interdit à ses troupes de bouger et lança un courrier prévenir le Roi de cet événement. Il était onze heures. Tout au long de la journée la tension ne fit que monter.

Or, un groupe de femmes n'attendit pas la réponse des autorités parisiennes pour marcher sur Versailles. Des armes légères furent distribuées (selon les dépositions, il s'agit de pierres, de piques et de fusils). Quelques hommes firent partie du cortège. Certains étaient travestis. D'autres étaient connus comme des vainqueurs de la Bastille, comme Maillard.

Ce dernier, une fois arrivé à Versailles, monta à la tribune de l'Assemblée pour lire la déclaration suivante : « Nous sommes à Versailles pour demander du pain et en même temps pour punir les gardes du corps qui ont insulté la cocarde patriotique ». Les manifestants parlèrent plus violemment, notamment contre la Reine sur laquelle des imprécations épouvantables furent prononcées. Le comte de Mirabeau (proche également, à ce moment, du Duc d'Orléans) appella le l'assemblée à se joindre à la foule. Le président de l'Assemblée, Jean-Joseph Mounier refusa de quitter le fauteuil de la présidence en répondant : « Le seul moyen d'obtenir du pain est de rentrer dans l'ordre ; plus vous massacrerez, moins il y aura de pain. ». Il accepta ensuite de se rendre "auprès du roi pour l'engager à sanctionner les décrets de l'Assemblée et à repousser la force par la force".

Au moment de l'arrivée de la foule à Versailles, vers les quatre heures de l'après-midi, Louis XVI était au château. Le Roi, qui chassait à Meudon, avait été rappelé en toute hâte. A deux heures, « conseil avait été tenu » pour envisager toutes les situations. Le Roi avait suivi l'avis de Necker de ne pas quitter Versailles. La Reine avait refusé de quitter le Roi.

Si un groupe se rendit, comme on l'a vu, à l'Assemblée, le reste de la foule se pressa contre les grilles fermées et gardées. Un premier affrontement eut lieu à coup de pierres. Pour limiter la pression, les commandants de garde du corps décidèrent de faire entrer, dans l'enceinte du château, une délégation, uniquement de femmes non armées.

À cinq heures et demie, une députation de l'Assemblée rencontra le Roi, exigeant l'adoption des articles de la constitution et de la déclaration dont le Roi refusa la promulgation. Mais il leur demanda d'attendre encore pour recevoir les femmes de Paris.
À six heures moins le quart, six femmes furent à leur tour introduites chez Louis XVI. Ce dernier promit de faire distribuer de la farine dans la capitale. Elles crièrent « vive le Roi ». La tension de la foule s'apaisa un peu à cette nouvelle. Comme convenu également, les troupes qui défendaient les grilles reçurent l'ordre de se retirer. La garde de nuit, composée de faibles effectifs, les remplaça en attendant l'arrivée annoncée du très populaire commandant de la garde nationale, La Fayette.

La députation, présidée par Jean-Joseph Mounier, fut reçue une nouvelle fois. Louis XVI accepta, par écrit, les articles de la constitution et de la déclaration des droits. Il convoqua plus tard, après l'arrivée de La Fayette, l'ensemble des députés présents pour leur assurer que le Roi ne se séparerait pas de l'Assemblée nationale. Quand Mounier invita "les députés à faire cortège au roi, Mirabeau lui objecta que cette démarche compromettait la dignité de l'Assemblée : « Notre dignité, répondit le président, est dans notre devoir. » Il alla néanmoins presque seul auprès du roi qu'il ne quitta qu'à trois heures du matin, quand La Fayette eut mis le château à l'abri de toute surprise..."

Sources:
Memo;
La Fayette, Mémoires;

Nuit du 5 au 6 octobre 1789
La foule envahit le château


Le calme revenu à l'intérieur et autour du château, La Fayette, après avoir pris quelques dernières dispositions, s'était retiré vers quatre à cinq heures du matin à l'hôtel de Noailles, résidence versaillaise de son beau-père. Une demi-heure à peine s'était écoulée lorsque des cris signalèrent qu’un groupe avait pénétré à l'intérieur du château par une grille.
Les conditions de cette ouverture divisent les historiens : profit de l'endormissement des gens d'armes censés garder la grille, relève opportunément mal organisée... corruption ?

Dirigé par des guides travestis, le groupe parvint jusqu'au grand escalier de marbre qui conduisait aux appartements de la reine. Deux gardes du corps (Deshuttes et Varicourt) furent tués (leurs têtes accrochées au bout d’une pique furent ramenées comme trophée à Paris); onze autres résistèrent pendant que la Reine se sauvait chez le Roi.

« La preuve que l'on n'avait pris aucune précaution extraordinaire, c'est que les assassins, parvenus au haut de l'escalier de marbre, et conduits certainement par quelqu'un qui connaissait le chemin à suivre, tournèrent dans la salle des gardes de la reine, où ils tombèrent à l'improviste sur le seul garde aposté en ce lieu. Ce garde se précipita à la porte de la chambre à coucher, qui était fermée en dedans, et ayant frappé à plusieurs reprises avec la crosse de son mousqueton, il cria "Madame, sauvez-vous, on vient vous tuer". Puis, résolu à vendre chèrement sa vie, il se mit le dos contre la porte ; il déchargea d'abord son mousqueton, se défend ensuite avec son sabre, mais est bientôt écharpé sur place par ces misérables qui, heureusement, n'avaient pas d'armes à feu. Il tombe contre la porte, et son corps empêchant les assassins de l'enfoncer, ceux-ci le poussèrent dans l'embrasure de la fenêtre, ce qui le sauva. Abandonné là sans connaissance jusqu'après le départ du roi pour Paris, il fut alors recueilli par des amis. Ce brave nommé Sainte-Marie, vivait encore à la Restauration. » (La marquise de La Tour du Pin. Dame d'honneur de la Reine)

La Fayette, qui accourut enfin à la tête de grenadiers de la garde nationale, réussit à repousser les envahisseurs.

Rassemblée sous les fenêtres du roi, la foule exigea à grands cris que la Reine parut et somma impérieusement le Roi de se rendre à Paris. Après avoir essayé de calmer les cris, La Fayette s'adressa à Marie-Antoinette et lui demanda quelles étaient ses intentions : « Je sais le sort qui m'attend, mais mon devoir est de mourir aux pieds du roi et dans les bras de mes enfants. »

La Fayette la conjura de se présenter sur le balcon. Elle y consentit. Le général, ne pouvant dominer les cris de la multitude, baisa sa main, comme pour annoncer au peuple que la réconciliation était complète, et le nom de Marie-Antoinette fut porté aux nues par cette même foule qui, tout à l'heure, la menaçait de mort.

Louis XVI, après une délibération tumultueuse, se décida à se rendre à Paris. Le cortège insurrectionnel se mit en marche, précédé des trophées de la journée, et suivi de la famille royale qu'accompagnaient les gardes du corps humiliés.

Il convient de préciser que les événements de cette journée ont fait l'objet d'une enquête de police, instruite au Châtelet. Les auditions s'étalèrent du 11 décembre 1789 au 20 avril 1790. Aux 170 témoins oculaires interrogés s'en ajoutèrent d'autres qui relatèrent directement cet événement trouble de la Révolution. Les plus célèbres sont La Fayette qui a rédigea deux récits (pages 529 et suivantes de ses mémoires). Il y eut aussi, Mme de La Tour du Pin (citée supra) mais aussi Condorcet, Saint-Priest, Dumas et le Roi Louis XVI lui même, qui dans son "testament politique", laissé au Tuileries pour expliquer son départ de la capitale en 1791, revint sur les journées des 5 et 6 octobre 1789.

Sources :
Memo;
Mémoires de la marquise de la Tour du Pin.


Le 6 octobre 1789
Le départ du Roi


"Le roi à Paris! Ce vœu est devenu universel. « Mes amis, a dit le roi d'une voix forte, j'irai à Paris avec ma femme, avec mes enfans; c'est à l'amour de mes bons et fidèles sujets que je confie ce que j'ai de plus précieux. » On a répondu par des larmes, des acclamations et des applaudissemens, au milieu desquels s'est fait entendre, pour la première fois, le cri de vive la reine! Le roi a ensuite ajouté : « On a calomnié mes gardes-du-corps; leur fidélité à la nation et à moi doit leur conserver l'estime de mon peuple. — Oui, oui, a-t-on répondu, en criant vive le roi! vivent les gardes-du-corps! Le roi s'étant retiré, M. de La Fayette a présenté au peuple de dessus le balcon plusieurs gardes.du-corps, et les a embrassés publiquement. Cet exemple a été suivi dans toute la place. Ces militaires ont été comblés de démonstrations amicales; et, en retour, ils ont demandé, comme une faveur, de marcher dans les rangs de la garde nationale lorsque le roi se rendrait à Paris.

"Le départ de Sa Majesté a été fixé à une heure après-midi.

"A onze heures du matin, l'Assemblée nationale a ouvert sa séance. Depuis neuf heures, la salle était remplie de députés attirés par l'inquiétude; d'autres étaient auprès du roi. Parmi ces derniers, quelques.uns avaient pensé que les représentans de la nation devaient entourer le monarque dans une conjoncture aussi critique , et ils sont venus proposer de tenir la séance dans le salon d'Hercule.
On a simplement arrêté d'envoyer auprès de Sa Majesté une députation de trente-six personnes; puis, sur la motion de MM. de Mirabeau l'aîné etBarnave, il a été décrété que le roi et l'Assemblée nationale seraient inséparables pendant la session actuelle.
La députation s'est rendue chez le roi, en lui portant le décret.(...)
"On a ensuite nommé une députation nombreuse pour accompagner le roi à Paris. (...)
"Sa Majesté, est partie précédée de l'armée parisienne et de plusieurs voitures chargées de farines; ce qui donne beaucoup à penser aux observateurs. Par quelle magie, en effet, se sont - elles trouvées prêtes sur-le-champ? d'où les a-t-on fait venir, el pourquoi ne les faisait-on pas venir plus tôt? Hier la municipalité de Versailles n'avait que quelques sacs de riz à distribuer aux Parisiennes." (Mémoires de Bailly)

A une heure et demie de l'après-midi, le cortège royal quitta Versailles. Sur le trajet, la foule déclarait ramener « le boulanger, la boulangère et le petit mitron » ! Convaincu d'y revenir, le Roi avait demandé en partant à La Tour du Pin, ministre de la Guerre, de lui « préserver son pauvre Versailles ».

"On vit d'abord défiler le gros des troupes parisiennes : chaque soldat emportait un pain au bout de sa baïonnette. Ensuite parurent les poissardes, tenant des branches d'arbres ornées de rubans, assises à califourchon sur les canons, montées sur les chevaux et coiffées des chapeaux des gardes du corps : les unes étaient en cuirasse devant et derrière, et les autres armées de sabres et de fusils. La multitude des ouvriers parisiens les environnait, et c'est du milieu de cette troupe que deux hommes élevaient, au bout de leurs longues piques, les têtes de deux gardes du corps. Les charriots de blé et de farine , enlevés à Versailles, et recouverts de feuillages et de rameaux verts, formaient un convoi suivi des grenadiers qui s'étaient emparés des gardes du corps dont le roi avait racheté la vie. Ces captifs, conduits un à un, étaient désarmés, nu-tête et à pied. Les dragons , les soldats de Flandres et les cent-suisses étaient là : ils précédaient, entouraient et suivaient le carrosse du roi. Ce prince y paraissait avec toute la famille royale et la gouvernante des enfants.
Il serait difficile de peindre la confuse et lente ordonnance de cette marche qui dura depuis une heure et demie jusqu'à sept. Elle commença par une décharge générale de toute la mousqueterie de la garde de Versailles et des milices parisiennes. On s'arrêtait, de distance en distance, pour faire de nouvelles salves; et alors les poissardes descendaient de leurs canons et de leurs chevaux, pour former des rondes autour de ces deux têtes coupées; et devant le carrosse du roi, elles vomissaient des acclamations, embrassaient les soldats, et hurlaient des chansons dont le refrain était : Voici le boulanger, la boulangère et le petit mitron."
(Le nouveau Paris, Volume 3. Louis Sébastien Mercier; Oeuvres.Antoine Rivarol.)

Le Château de Versailles cessait alors d’être la résidence des rois.
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Message par MARIE ANTOINETTE Ven 21 Fév 2014, 11:17

un grand plongeon dans L'ESPACE DU ROI de NEWTON au sujet de l'appartement de Monsieur ESTERHAZY
quelques extraits de sa situation  -
1775 entrées de la chambre de la Reine
1786 commandant en second en HAINAUT
1787 membre du Conseil de Guerre

ses différents appartements
1779...........S 33 et 33 A..
"9 JUIN 1779.... Monsieur le Marquis d'ESTERHAZY occuperait le petit logement de Monsieur le Prince de Saint MAURICE en attendant qu'on puisse lui en procurer un autre".

1780 GC 83/84  - grand commun en consultant le second volume de l'œuvre de Monsieur NEWTON je n'ai pas trouvé le nom de ESTERHAZY sur le passage concernant ces lieux.

1783  VA 49  VIELLE AILE - le 30.11.1783 "le logement de Monsieur le COMTE D'HAUSSONVILLE à Monsieur le COMTE ESTERHAZY"
"le 28 .12.1783 "le Roi ayant bien voulu donner au Comte E. un logement au château de Versailles, occupé ci-devant par M. le bailli EN ENTRESOL PRES DE LA SALLE DES CENTS SUISSES, il prie Monsieur le comte d'ANGIVILLER de vouloir bien donner ses ordres pour qu'il soit visité et qu'il y fasse faire quelques réparations ."

Or, nous trouvons en 1787   - état E - Monsieur le chevalier de CRUSSOL  - 6 pièces, 4 à cheminées ; 2 buchers".

Pour 1788/1789 je n'ai pas trouvé d'appartement au château   portant son nom comme locataire.                                    
Ce qui est normal car si nous reprenons les Mémoires en Début 1788 - hiver - il revient à PARIS pour assumer ses fonctions au Conseil de Guerre  - il avait été imposé par la Reine .

En HIVER 1788 il est de retour à VALENCIENNES pour surveiller les élections et maintenir la police  - il ne peut revenir à PARIS car il s'occupe d'acheter du grain pour éviter la disette - il reste seul car l'Intendant de la région est parti pour PARIS où son épouse est mourante.
Il obtient le droit de quitter le 10 Juillet 1789 VALENCIENNES pour accompagner son épouse enceinte et sa belle-mère, mais est de retour dès le 12 JUILLET 1789 et ne quitta plus cette VILLE.

Il est intéressant de noter qu'il utilise .... suite ...
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Message par MARIE ANTOINETTE Ven 21 Fév 2014, 12:21

en 1774, il était à VIENNE , dans l'intimité de JOSEPH et bien reçu chez MARIE THERESE  - Il prend la route pour VERSAILLES après la mort de LOUIS XV pour remettre une lettre à MARIE ANTOINETTE, *
qui le reçoit "avec bonté" à MARLY -
La Reine demande au Roi qu'ESTERHAZY reste auprès d'elle car elle a mille questions à lui poser sur VIENNE et sa Famille.
le Roi est d'accord et ordonne à NOAILLES de lui fournir un appartement.
Après l'été, il revient à PARIS et à VERSAILLES et est admis aux soupers dans les cabinets.....

Le COMTE DU CHATELET - en 1777 devenu DUC DU CHATELET
lui  prête une partie de son logement au château, il partage son temps entre Paris et Versailles.....nous sommes en 1774.

DUC FLORENT DU CHATELET
1788 - commandant des GARDES FRANCAISES

De 1760 à 1787  - AP 93  aile des princes  ATTIQUE:
6 pièces, 4 à cheminée ; 2 entresols à cheminée, 3 buchers
la moitié sud de l'attique de l'Aile des Princes - espace SUD de la voûte du salon central est divisé en 5 appartements dont les pièces sont désignées par des lettres  AP 93 G

/NOVEMBRE 1788   VA 16  VIEILLE AILE  REZ DE CHAUSSEE
6 pièces, 4 à cheminée, 6 entresols , 3 à cheminée
3 Novembre 1788 - 14 Novembre 1788
"Monsieur le DUC prendra le logement de Monsieur le MARECHAL DE BIRON. Il est dans un état affreux et impossible à habiter cet appartement où  rien n'a été fait depuis la construction du château est dans le plus mauvais état  - tout est à refaire..."
"réparations  - réfection des plafonds, des croisées, des lambris et parquets, escalier des entresols  - blanchir l'appartement - cloisons pour créer des garde-robes et cabinet - alcove de la chambre etc....
le 17 novembre  1788  " le 17 pour ordre à pourvoir".

je propose cette idée:
ESTERHAZY venu à VERSAILLES en  1788 aurait pu demeurer chez son ami le Duc et partager avec lui quelques pièces de son appartement de l'aile des princes ?

en 1789, si les travaux sont finis et que le DUC occupe le logement, on pourrait imaginer que FERSEN aurait pu être hébergé chez lui dans cet appartement très pratique pour circuler dans les intérieurs du château, particulièrement en Octobre !!!!!!!!
Je rappelle que VALENCIENNES était la ville où se trouvait le régiment le ROYAL SUEDOIS propriété d'AXEL ......

Je vous laisse à vos réflexions en vous souhaitant bonne lecture
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Message par Invité Ven 21 Fév 2014, 12:39

marie antoinette a écrit:Le COMTE DU CHATELET - en 1777 devenu DUC DU CHATELET
lui  prête une partie de son logement au château, il partage son temps entre Paris et Versailles.....nous sommes en 1774.

DUC FLORENT DU CHATELET
1788 - commandant des GARDES FRANCAISES

Louis Marie Florent de Lomont d'Haraucourt, duc du Châtelet, né à  le 20 novembre 1727 et guillotiné à Paris le 13 décembre 1793, (quelques jours après Jeanne du Barry Sad)est un officier et diplomate français.

Le 24 avril 1752, il épouse Diane Adélaïde de Rochechouart. Le contrat entre les jeunes mariés, issus de deux des plus illustres maisons de France, est établi à Versailles, en présence du roi Louis XV, de la Reine, des membres de la famille royale et des parents et amis de la famille.

Et c'est cette Madame du Chatelet que nous rencontrons dans L'Anglaise et le Duc lors de la première incarcération de Grace Elliott. En rencontrant des nom dans les films ou les mémoires on se demande toujours ce que ces personnes étaient à la Cour... J'ai plaisir d'avoir su retrouver la trace de cette Dame Wink

Bien à vous.


Dernière édition par Majesté le Dim 23 Fév 2014, 17:26, édité 1 fois

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Message par Mme de Sabran Ven 21 Fév 2014, 14:15

J'ai un autre témoignage, peu ou pas connu, sur ces journées d'octobre. Il émane de Charles-Louis Delisle  :

La belle et courageuse conduite du chevalier de Lisle de Charlieu, garde du corps de Louis XVI au moment où se déroulèrent à Versailles et à Paris les événements tragiques, signes avant-coureurs de ceux qui allaient bientôt se succéder rapidement et renverser l'antique monarchie française, mérite certes d'être enregistrée, car elle honore grandement un enfant du Vivarais, un noble descendant de cette maison de Boulieu dont le berceau était à Annonay, qui exerça des droits seigneuriaux sur les terres voisines de Boulieu et de Charlieu, donna des baillis à Annonay et à Tournon et resta toujours fidèle au Roi et à l'Eglise.
Les événements tragiques et de conséquences si graves qui marquèrent les journées des 5 et 6 octobre 1789 sont assez connus du public lettré, pour que je ne juge pas utile de les rappeler ici dans leurs détails.
Je me bornerai à reproduire un document que je trouve dans les archives de Boulieu et des de Lisle et qui retrace un des épisodes sans doute peu connus des journées d'octobre, dans lequel le chevalier de Lisle de Charlieu joua un rôle si honorable et si dangereux. Le récit de ce témoin oculaire, acteur dans ces drames précurseurs de la Révolution, est à la vérité des plus sobres, des plus concis, mais sa simplicité même témoignerait de sa véracité si elle n'était établie d'ailleurs par les déclarations d'autres témoins, les gardes du corps de Labellève, de Gency, de Montesquiou et de Larvauchère, appelés à la certifier devant M. de St-Projet, officier supérieur des gardes du corps, en décembre 1815, et par les distinctions honorifiques qui furent, quoique tardivement, accordées par le roi Louis XVIII à loyal et brave serviteur de Louis XVI :
Le 23 avril 1814, le chevalier Charles de Lisle adresse à M. le duc de Guiche, capitaine des Gardes du corps de Louis XVIII, un mémoire dans lequel il rappelle ses services pendant la période révolutionnaire, afin d'obtenir le brevet de capitaine de cavalerie qui lui a été verbalement accordé par le Roi en 1789 et la croix de Saint-Louis qu'il sollicite comme récompense de ses services en même temps qu'une pension de retraite.
Dans ce mémoire, dont je reproduis plus loin littéralement les termes, d'après la minute écrite de la main même de M. de Lisle, quelques-unes des principales scènes des journées du 5 et du 6 octobre 1789 sont racontées avec une simplicité et avec une précision qui ont un véritable intérêt historique, sous la plume d'un témoin oculaire tel que le chevalier de Lisle, acteur lui-même de ce drame .




Merci au forum Les Ecuyers de l'Histoire .



A Monsieur le duc de Guiche,

Capitaine des gardes du Corps du Roi.

Charles-Louis Delisle, né à Boulieu, en Vivarais (aujourd'hui département de l'Ardèche) le 11 août 1759, est entré dans les Gardes du corps du Roi, dans la compagnie de Villeroi, le 28 septembre 1778. Il s'est trouvé aux journées des 5 et 6 octobre 1789, il passa cette nuit comme tous ses camarades, dans les angoisses les plus cruelles, il s'en est tiré miraculeusement ; le 6 octobre, à 6 heures du matin, il fut mis en sentinelle au poste de la Voute à Versailles, dans le même moment que Messieurs Deshutte et Varicourt furent placés à la grille, pour empêcher la populace de s'introduire dans le château ; dans le même moment, la populace s'introduisit par la cour des Princes dans la cour royale, se saisit de Messieurs Deshuttes et Varicourt, qui eurent la tête tranchée, et vinrent sur Delisle pour lui faire subir le même sort ; il ouvrit la grille de la Voute, du côté des jardins pour échapper ; la populace le poursuivit, s'empara de lui, et vouloit lui faire éprouver le même sort qu'à Messieurs Deshuttes et Varicourt, mais il se trouva parmi eux un garde national qui leur en empêcha, et leur persuada qu'il fût jugé, en conséquence il fut conduit à la grande tente des gardes françaises, entouré d'une populace immense qui crioit : à la Lanterne. Il fut mis en dépôt dans un cabinet ; il se présenta alors un officier de la garde nationale de Versailles, qui lui de prendre patience, de ne pas s'effrayer, qu'il seroit bientôt délivré ; au bout d'une heure environ, il vint une compagnie de grenadiers de la garde nationale de Paris pour le délivrer, et fut conduit dans la galerie du château, où ses camarades s'étoient retirés. Il fut reçu avec transport de joie et cordialité, on le croyait perdu.
Les appartements du Roi et de la Reine venoient d'être forcés ; il n'a point quitté le Roi et la Reine et la famille royale ; il fut aux écuries après que le Roi se fut décidé de se rendre à Paris, monta à cheval, l'y accompagna, il descendit de cheval à la place de Grève pour se mettre en haye à l'hôtel de ville, écarta la populace, accompagna le Roi dans les salles, en criant : Vive le Roi ; il l'accompagna de l'hôtel de ville aux Thuilleries ; il descendit de cheval dans la cour du Pavillon de Flore, pour écarter la populace qui affluoit du côté de la voiture, la Reine étoit serrée par elle, il la prit par le bras, et l'introduisit dans l'escalier ; au sortir de là, allant rejoindre son cheval, ce fut alors que M. le comte d'Agoult, aide-major de cour, s'approcha de lui, lui demanda des nouvelles de cette scène épouvantable ; il est bon de remarquer que dans le voyage de Versailles à Paris, il ramassa avec M. Delabellive, son camarade, deux chevaux, que les brigands avoient volés dans leur hôtel de Versailles, qu'ils les avoient fait monter par des gens du peuple, tenus à côté d'eux pour crier : Vive le Roi, et rendirent quelques jours après leurs chevaux à l'état-major."
Quelques temps après, M. le comte d'Agoult lui écrivit que le Roi lui avoit accordé la commission de capitaine de cavalerie qui ne lui a point été expédié, vu les circonstances. De plus il fut requis de déposer dans l'enquête que fit faire le Châtelet sur les journées des 5 et 6 octobre, l'on peut y voir sa déposition.
Il émigra, fit la campagne avec les Princes, fut licencié à Arlon, après la retraite du Roi de Prusse, a fait campagne dans les chasseurs nobles de l'armée de Condé, compagnie de Lascaris, et est rentré en France ; il n'a pris aucun emploi dans le nouveau gouvernement, excepté celui de maire de sa commune, qu'il occupe depuis dix mois, pour être utile à son pays.
Il désireroit pouvoir continuer ses services auprès de Sa Majesté, mais son âge, ses infirmités, un rhumatisme qui l'empêche de se mouvoir, l'a privé de l'empressement qu'il auroit de se présenter pour continuer ses services.
Jaloux de l'honneur d'avoir servi Sa Majesté en vrai gentilhomme, il désireroit avoir la décoration de Saint-Louis, et la commission de capitaine de cavalerie qui lui a été accordé par Sa Majesté le Roi Louis XVI ; comme il ne doute pas que Sa Majesté le Roi Louis XVIII veuille donner une existence honorable à un fidèle sujet, qui a servi avec honneur et fidélité, et qui lui est entièrement dévoué, il lui accorde une pension conforme à sa position, étant très peu fortuné.
Il ose espérer et prie M. le duc de Guiche de vouloir bien s'intéresser pour lui.

A Boulieu, le 23 avril 1814.

Signé : CHARLES-L. DELISLE


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Message par attachboy Dim 23 Fév 2014, 11:14

Très intéressantes, toutes ses versions sur les journées d'octobre. Je ne connaissais pas les versions du comte d'Hézecques et de madame de Tourzel.  Very Happy

_________________
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Message par MARIE ANTOINETTE Lun 24 Fév 2014, 16:39

Voici quelques lignes tirées de MADAME DE TOURZEL évoquant l'attitude de la Reine le 5 OCTOBRE en soirée et le 6 au matin
"la Reine montra dans cette journée cette grandeur d'âme et ce courage qui l'ont toujours caractérisée.
Sa contenance était noble et digne, son visage calme ; et quoiqu'elle ne pût se faire d'illusion sur tout ce qu'elle avait à redouter, personne n'y put apercevoir la plus légère trace d'inquiétude ; elle rassurait chacun, pensait à tout, et s'occupait beaucoup plus de ce qui lui était cher, que de sa propre personne.
Cette princesse avait convenue avec moi qu'au moindre bruit, je conduirais ses enfants chez Elle ; mais elle fit dire à 11 heures du soir que si l'on avait de l'inquiétude, je les menasse, au contraire, sur le champ chez le Roi. Elle venait d'être avertie des dangers personnels qu'elle pouvait courir dans son appartement, et on l'avait engagée à passer la nuit dans celui du Roi ; mais elle refusa positivement ... j'aime mieux, m'exposer à quelque danger, s'il y en à courir, et les éloigner de la personne du Roi et de mes enfants....
Ce fut le motif du changement dans l'ordre qu'elle m'avais donné d'abord.
Le calme succéda au tumulte et Monsieur DE LA FAYETTE s'endormit tellement sur cette apparente tranquillité, remonta au château pour assurer au Roi et à la Reine qu'ils  n'avaient plus rien à craindre...
La Reine me fit dire à 2 heures du matin qu'elle allait se coucher
et qu'elle me conseillait d'en faire autant.
l'illusion fut complète.

Au matin, Monsieur DE SAINTE AULAIRE, chef de brigade des gardes du corps entra dans la chambre du dauphin et avertit que le château était investi.
Madame DE TOURZEL se leva immédiatement et porta le prince chez le Roi qui était alors avec la Reine.

"Le danger qu'elle venait de courir n'avait point altéré son courage ; son visage était triste, mais calme.... Ne voyant pas MADAME avec moi, que je n'avais pas eu le temps de faire avertir, elle descendit chez elle par un petit escalier intérieur qui y communiquait par mon appartement et y trouvant mes filles, qui y avaient passé la nuit, elle les rassura, leur dit de monter chez le Roi et y conduisit MADAME avec une fermeté et une dignité remarquables en un pareil moment".

la Famille royale réunie ainsi que les personnes qui habitaient le château....." La Reine, toujours grande dans le malheur, cherchait à rassurer ceux qu'elle voyait effrayés".

On comprend cette si belle attitude devant la foule haineuse au balcon de la chambre du Roi.

MARIE ANTOINETTE couche dans la grande chambre du Ier étage, en compagne de Madame THIBAULT, MADAME AUGUIE , MADAME JARJAYES,  étant donné l'heure tardive, je suis certaine qu'elle ne s'est pas dévêtue en totalité ; ce qui est confirmé par son levé immédiat , MADAME THIEBAULT lui passe une jupe et elle se trouve dans l'appartement du Roi en tenue du matin très modeste......
elle se changera pour partir vers PARIS.
Je pense aussi qu'à 2 heures du matin, elle n'avait pas l'idée de recevoir des personnes et spécialement un chevalier servant !!!!!!!!

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Message par Invité Lun 24 Fév 2014, 17:30

Ce témoignage est précieux, merci chère MARIE-ANTOINETTE !
Madame de Tourzel est tellement  accollée au Dauphin et à Madame Royale qu'elle est celle qui nous rapporte le plus sûrement le déroulement de ces jours.

Bien à vous.

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Message par Invité Sam 05 Juil 2014, 10:51

Le peuple de Paris vient à Versailles par Francois Flameng:

Les 5 et 6 octobre 1789 6_oct_10

Dans le même genre nous avons celui-ci :
Les 5 et 6 octobre 1789 6_oct_12


J'ai écrit, à la Conciergerie
Sam 11 Aoû 2007 - 8:56

Il y a une version de la scène du balcon orchestrée par La Fayette qui baiserait la main de la Reine et apostropherait de la sorte la populace :

"La Reine a été trompée, et elle promet d'être fidèle au peuple comme Jésus-Christ à son Eglise!"

Si je ne l'avais lu que récemment ,j'aurais pu croire à une invention rocambolesque de PPDA, mais c'est les propos que tenait Guy Tréjean qui incarne le général dans le film de Delannoy avec Michèle Morgan...  Alors ?  boudoi29 


gravure représentant la Reine et La Fayette sur le balcon de la Cour de Marbre :


Les 5 et 6 octobre 1789 6_oct_11


"Son génie redressa tout à coup l'instinct de la multitude égarée, et s'il fallut à ses ennemis des crimes, des conjurations et de longues pratiques pour la faire assassiner, il ne lui fallut à elle qu'un moment pour se faire admirer..."
.

( Rivarol )

Bien à vous.

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Message par Invité Sam 05 Juil 2014, 12:24

La foule des parisiens attaquant et tuant les gardes à l'entrée des appartements de la Reine par Jean-francois Janinet:
Les 5 et 6 octobre 1789 Jean-f10

Mais revenons en arrière avec l'organisation de cet événement :

Les 5 et 6 octobre 1789 Arj00010

Les 5 et 6 octobre 1789 5octob10

Les 5 et 6 octobre 1789 110

Bien à vous.

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Message par Invité Sam 05 Juil 2014, 12:32

Les 5 et 6 octobre 1789 Marchw10

Pou a écrit :


Lescure nous décrit de manière très précise le déroulement de ces deux journées noires pour la famille royale.
Un point qui m'a assez frappé et auquel je n'avais pas fait vraiment attention, c'est le temps qu'à mis La Fayette pour rejoindre Versailles le 5 Octobre.
Selon la plupart des sources, la foule de Paris, constituée principalement de femmes, mais avec quelques hommes déguisés en femme, est arrivée à Versailles vers les 17-18 heures.
La Fayette aurait été témoin dès leur rassemblement à Paris, en début de journée, de ce qu'il se passait, mais il a pris le temps de réunir 20.000 hommes armés avant d'aller secourir le Roi. Résultat : il est arrivé à Versailles avec son armée vers 23h30-minuit : le Roi avait déjà eu à accueillir 12 femmes à Versailles pour leur signer un engagement en ce qui concerne le pain, et ses quelques gardes aux entrées de Versailles avaient déjà été plus ou moins massacrés, étant donné qu'on leur avait donné l'ordre de ne pas tiré sur la foule.
A partir de là, on peut comprendre que dès le soir du 5 Octobre, Louis XVI et Marie-Antoinette ont commencé à douter des compétences de La Fayette. Surtout quand ce dernier leur promet par la suite de les protéger sans bavures jusqu'au départ de la foule, lui qui avait avant déclaré :"Sire, j'ai préféré venir à vos pieds avec vingt mille hommes armés plutôt que de périr en place de Grève". Et quand on voit son inefficacité lors du lendemain...à partir de là on comprend tout à fait le dégoût de la famille royale pour cet homme...Mad

Au passage Lescure nous donne le nom des deux malheureux gardes du corps décapités au matin du 6 Octobre, et dont la tête a été trimballée au bout d'une pique jusqu'à Paris, aux cotés de la voiture de la famille royale : il s'agit de Messieurs des Huttes et de Varicourt



Les 5 et 6 octobre 1789 800px-11


Les 5 et 6 octobre 1789 Proxy110


Le sobriquet de Général Morphée n'est effectivement pas volé par La Fayette, car en plus de ce que tu rappelles, Pou, le lendemain matin, il ne se présente à la famille royale qu'après l'invasion du château par la foule qui a été repoussée à l'extérieure, dans la Cour de marbre...  boudoi29 

Bien à vous.

.

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Message par Invité Sam 05 Juil 2014, 12:40

Les 5 et 6 octobre 1789 Mamati10

Les 5 et 6 octobre 1789 6a010510

Les 5 et 6 octobre 1789 Parisi10

Bien à vous.

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Message par Invité Sam 05 Juil 2014, 12:51

Marie-Eve avait écrit à la Conciergerie le 29 janvier 2013:

Derrière la porte du salon de l’œil de bœuf au bout du passage qui traverse les petits appartements de la reine:

Les 5 et 6 octobre 1789 Chat1_10
Les 5 et 6 octobre 1789 Chat1_11

La porte de l'escalier donnant accès aux entresols dans les petits appartements de la reine:

Les 5 et 6 octobre 1789 Chat1_12

L'enfilade des pièces du petit appartement de la reine. Au fond, la porte de l'oeil de boeuf:

Les 5 et 6 octobre 1789 Chat1_13


Le passage entresolé qui passe sous les antichambres de l'appartement de Louis XIV et qui relie le petit appartement de la reine à celui du roi. C'est par ce passage que Louis XVI se précipite au secours de son épouse le matin du 6 octobre 1789 :

Les 5 et 6 octobre 1789 Chat1_14

La porte se l’œil de bœuf qui donne sur les appartements de la reine:

Les 5 et 6 octobre 1789 Photo410

.

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Message par Invité Sam 05 Juil 2014, 13:08

Les 5 et 6 octobre 1789 Marche10

Les 5 et 6 octobre 1789 82971010

Les 5 et 6 octobre 1789 Corteg10

Les 5 et 6 octobre 1789 Concor10

Les 5 et 6 octobre 1789 Marchw11

Les 5 et 6 octobre 1789 Tuiler18

6 Oct 2007 - Nouvel Obs :

La nuit froide et pluvieuse du 5 au 6 octobre 1789 marque la fin d'une époque. C'est en effet la dernière nuit que la monarchie passe à Versailles. La veille, tandis que le roi pratiquait son passe-temps favori, la chasse, et que Marie-Antoinette se divertissait au Petit-Trianon, l'agitation grondait à Paris: le pain manquait. Une horde de femmes en colère, hurlant des slogans hostiles à la monarchie, était partie de l'Hôtel de Ville pour Versailles afin de demander des subsides au roi. Cette foule déchaînée était suivie par la Garde nationale en armes, ayant à sa tête le général Lafayette. Arrivées dans la soirée, les femmes avaient obtenu du roi la promesse d'avoir du pain. D'autre part, le roi avait accepté de sanctionner enfin les décrets élaborés après la nuit du 4 août. Mais ni le peuple ni la Garde nationale ne s'étaient dispersés après ces promesses. Louis XVI restait populaire, mais on déplorait qu'il fût mal conseillé par la cour. La foule campa donc sur place. A l'aube, des émeutiers s'introduisirent dans le palais et pénétrèrent dans les appartements de la reine, tuant quelques gardes du corps au passage. La reine n'eut que le temps de se réfugier chez le roi. C'est la Garde nationale qui rétablit l'ordre. Le roi était en position de faiblesse et la famille royale fut obligée de se montrer au balcon. La foule mêla à ses ovations l'ordre que le roi s'installe à Paris. Le souverain dut s'incliner. Tandis que le canon tonnait, un immense cortège se forma qui ramenait à Paris "le boulanger, la boulangère et le petit mitron". Le roi s'installa donc aux Tuileries. Cet événement marque un tournant dans la Révolution: depuis 1682, le gouvernement siégeait à Versailles. Le peuple ajoutait une nouvelle victoire à ses acquis: ramener le souverain dans la capitale.


Bien à vous.

.

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Message par Mme de Sabran Sam 05 Juil 2014, 16:04




La nuit, la neige a écrit
,
le Ven 9 Nov 2007 - 22:00 , à la Conciergerie :

Majesté a écrit:
   Ainsi le pauvre qui avant de tomber mort sauva sa souveraine en commandant à l'une de Ses femmes de chambre :
   "Madame! Sauvez la Reine! On vient pour l'assassiner !"
   Selon certaines versions, la populace n'aurait pas atteint la chambre de la Reine ...

Oui, selon la plupart des versions.  Wink 
En voici quelques-unes...
Notez-bien les variantes.  scratch 



Saint Priest :


Cette canaille, à l'ouverture des grilles, se rua avec fureur dans la petite cour nommée "des princes", et soit par le grand escalier, soit par l'escalier de marbre, ces gens montèrent à l'appartement de la reine.
Le garde du corps en sentinelle, entendant du bruit, poussa la porte ; elle fut bientôt forcée et lui égorgé, ainsi qu'un de ses camarades, d'autres couchés tout habillés, furent saisis dans leurs lits ; mais cette expédition donna le temps aux valets de pied de la reine, qui veillaient dans l'antichambre, d'en assurer les portes avec des banquettes, des tabourets, et par leurs efforts réunis d'arrêter les assassins.
Une femme qui couchait dans la chambre de la reine la réveilla, elle n'eut que le temps de passer une robe et ses jupons et s'échappa par la communication qui existait entre l'appartement du roi et le sien, elle y passa pour se réfugier. Le roi a dit lui même, dans la suite, qu'il avait défendu à ses gardes de faire usage de leurs armes et il faut l'en croire, mais ceux-ci n'auraient été nullement blâmables en pareil cas de désobéir.
Ceux qui avaient saisis dans l'appartement de la reine furent conduits hors de la cour des ministres sur la place d'armes et allaient être égorgés lorsque La Fayette, qu'on avait été chercher, arriva et, à l'aide de quelques soldats des gardes françaises, fit relâcher ces victimes.


Campan :

Au sortir de la chambre de la reine, ces dames (Mmes Thibaut et Auguié) appelèrent leurs femmes de chambre et se réunirent toutes quatre, assises contre la porte à coucher de sa majesté.
Vers quatre heure et demi du matin, elles entendirent des cris horribles et quelques coups de fusil ; l'une d'elles entra chez la reine pour la réveiller et la faire sortir de son lit ; ma soeur vola vers l'endroit où lui paraissait être le tumulte ; elle ouvrit la porte de l'antichambre qui donne dans la grande salle des gardes et vit un garde du corps, tenant son fusil en travers de la porte et qui était assailli par une multitude qui lui portait des coups ; son visage était déjà couvert de sang ; il se retourna et lui cria : "Madame, sauvez la reine ; on vient pour l'assassiner".
Elle ferma soudain la porte sur cette malheureuse victime de son devoir, poussa le grand verrou et prit la même précaution en sortant de la pièce suivante, et, après être arrivée à la chambre de la reine, elle lui cria "sortez du lit, Madame ; ne vous habillez pas ; sauvez-vous chez le roi"
La reine épouvantée se jette hors du lit, on lui passe un jupon, sans le nouer, et ces deux dames la conduisent vers l'Oeil-de-boeuf.
(...)
Il n'est pas vrai que les brigands aient pénétré jusqu'à la chambre de la reine et percé de coups d'épée ses matelas. Les gardes du corps réfugiés furent les seuls qui entrèrent dans cette chambre, et si la foule y eût pénétré, ils auraient été massacrés.
D'ailleurs, quand les assassins eurent forcé les portes des antichambres, les valets de pied et les officiers de service, sachant que la reine n'était plus chez elle, les en prévinrent avec un accent de vérité auquel on ne se méprend jamais.
A l'instant, cette criminelle horde se précipita vers l'Oeil-de-boeuf, espérant sans doute la ressaisir à son passage.


La Tour du Pin :

La preuve que l'on n'avait pris aucune précaution extraordinaire, c'est que les assassins, parvenus au haut de l'escalier de marbre, et conduits certainement par quelqu'un qui connaissait le chemin à suivre, tournèrent dans la salle des gardes de la reine, où ils tombèrent à l'improviste sur le seul garde aposté en ce lieu.
Ce garde se précipita à la porte de la chambre à coucher, qui était fermée en dedans, et ayant frappé à plusieurs reprises avec la crosse de son mousqueton, il cria "Madame, sauvez-vous, on vient vous tuer".
Puis, résolu à vendre chèrement sa vie, il se mit le dos contre la porte ; il déchargea d'abord son mousqueton, se défend ensuite avec son sabre, mais est bientôt écharpé sur place par ces misérables qui, heureusement, n'avaient pas d'armes à feu. Il tombe contre la porte, et son corps empêchant les assassins de l'enfoncer, ceux-ci le poussèrent dans l'embrasure de la fenêtre, ce qui le sauva.
Abandonné là sans connaissance jusqu'après le départ du roi pour Paris, il fut alors recueilli par des amis.
Ce brave nommé Sainte-Marie, vivait encore à la Restauration.

Le comte d'Hézecques :

Cette multitude d'assassins monta l'escalier de marbre, se jeta à droite dans la salle des gardes de la reine, en vomissant des injures les plus atroces contre cette princesse, et en demandant sa tête à grands cris.
Les gardes blessés, assommés, se dérobent dans la grande salle.
Varicourt, le frère de Mme de Villette, la fameuse Belle-et-Bonne de Voltaire, est entraîné, conduit à l'homme à la grande barbe, et bientôt sa tête est à côté de celle de Deshuttes.
Durepaire et Miomandre de Sainte-Marie, après avoir averti par leurs cris les femmes de la reine, donnent le temps, par leur vigoureuse résistance, de barricader la porte.
Miomandre reçoit un coup de crosse de fusil sur la tête ; le chien pénètre le crâne ; et sa tête aurait augmenté les trophées sanglants de cette matinée, si plusieurs de ses camarades, réfugiés dans la grande salle, et revenant sur leurs pas pour se soustraire à une autre bande de brigands montés par l'escalier des Princes, ne l'eussent secouru et ne se fussent fait jour jusqu'à l'autre salle qui précédait les appartements du roi.
Aux cris de sa garde égorgée, la reine, que la fatigue et l'inquiétude avait forcé à prendre un peu de repos, est réveillée.
Son effroi lui permit à peine de prendre un léger vêtement, et de se soustraire au danger, en se réfugiant près de son époux.
(...)
On a dit, dans le temps, que ces monstres, ayant pénétré jusqu'au lit de la reine, avait percé les matelas à coups de baïonnettes.
Le fait est faux ; ils n'allèrent pas plus loin que la salles des gardes.
La lutte qui s'y engagea donna le temps d'assurer la porte. J'ai examiné moi-même le lit de la reine, deux jours après, sans y trouver aucune trace de violence.
Il est à remarquer que les gardes du corps, dans l'intérieur du château, n'avaient point leurs armes chargés, et ne purent, par conséquent, se défendre contre les brigands qu'avec leurs épées ; et que bientôt les portes eussent été enfoncées si le général La Fayette, sorti enfin de son sommeil, ne fût arrivé avec la garde soldée de Paris, et n'eût véritablement sauvé la famille royale, en éloignant ces cannibales.


Et enfin, Mme de Tourzel :

Ces bandits, qui n'éprouvaient aucun obstacle, massacrèrent deux gardes du corps qui étaient en sentinelle sous la voûte de l'appartement de Mesdames, tantes du roi, et leur firent couper la tête par un monstre qui les suivait, et qui se faisait appeler Coupe-tête.
Ils montèrent ensuite le grand escalier et allèrent droit à l'appartement de la reine. Les gardes du corps, quoiqu'en petit nombre, en défendirent l'accès avec le plus grand courage ; plusieurs furent blessés dangereusement, entre autres MM de Beaurepaire et de Sainte-Marie * ; mais ils eurent heureusement le temps de crier : "Sauvez la reine !"
Madame Thibaut, sa première femme de chambre, qui ne s'était heureusement pas couchée, n'eut que le temps de lui donner une robe et de la faire sauver chez le roi.
A peine Sa Majesté avait-elle quitté la chambre, que ces scélérats en forcèrent l'entrée, et, furieux de ne l'y plus trouver, donnèrent des coups de pique dans son lit, pour ne laisser aucun doute sur le crime qu'ils se proposaient de commettre.

* Note de Mme de Tourzel : M. Miomendre de Sainte-Marie est mort en émigration, et je ne l'ai pas vu depuis cette horrible journée.
M. de Beaurepaire venait faire sa cour au roi et à la reine aussi souvent qu'il le put sans danger.


.
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Message par Mme de Sabran Sam 05 Juil 2014, 16:06



Louis XVI reçoit Louison Chabry :

Les 5 et 6 octobre 1789 Chrabr10
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Message par Mme de Sabran Sam 05 Juil 2014, 16:21



Calonne a écrit :

Lun 11 Jan 2010 - 19:32


Je reviens sur cette fameuse scène pour réagir à certains de vos commentaires.
Que MARIE ANTOINETTE ait paru avec seulement son fils me paraît le plus plausible : il était l'héritier du royaume, le futur roi. A plusieurs reprises, Elle agira de même : lors de la fête de la Fédération, au retour de VARENNES où Elle montre son fils pour tenter de calmer la foule (avant qu'une poissarde ose lui lancer :"elle a beau nous montrer son fils, on sait qu'il n'est pas du gros LOUIS"). MARIE ANTOINETTE, dans ses moments les plus terribles s'est souvent tournée vers son fils, comme s'il pouvait la protéger. Le dauphin était un symbole non négligeable.
Pour les bras croisés lors de sa révérence, mon explication est plus pratique : il faisait froid, humide, il pleuvait. La Reine était légèrement vêtue... une femme en grand négligé, déboussolée, arrachée à son sommeil par une meute hurlante... Je vois son geste comme la réaction normale d'une femme devant une foule inconnue : un geste de pudeur et d'auto-protection à la fois, un réflexe plus qu'autre chose.
Quelle horreur, quand on y pense... Essayons de se mettre à sa place une seconde : vous dormez profondément et vous êtes brusquement arraché à votre sommeil par une meute hurlante. Les cris de haine, le fracas, les injures... Et quand Elle s'est retrouvée devant la porte fermée ! Comme ces secondes ont dû lui paraître une éternité avant qu'on lui ouvre ! Je pense qu'Elle a dû vivre ça comme un véritable viol...
"Mes amis, mes chers amis, sauvez-moi" ! Ces paroles, si Elle les a prononcées, me font monter les larmes aux yeux... Pauvre femme, seule, abandonnée comme une bête traquée dans un couloir obscur...
Pour finir, une question, dont vous avez peut-être la réponse : FERSEN était-il au château ce soir-là ?


Pou :


Oui il était là il me semble, en tant que garde supplémentaire .

Le trajet vers Paris n'a pas été non plus de tout repos d'ailleurs Pour le balcon le doute concerne surtout Madame Royale je dirais, car pour Louis-Charles je suis d'accord avec vous .


Calonne :


Bon, alors si FERSEN était au château, qu'est-ce qu'il foutait ? Il ne pouvait pas dormir en travers de sa porte, comme les femmes de la Reine ? C'est quoi ces amants qui laissent leur amour seule face au danger ? Ah la, la... tout fout le camp...

Majesté :

Ça n'en est justement peut-être pas un !  Wink 

Bien à vous.

La nuit, la neige :

Et pourquoi pas dans son lit ? Les 5 et 6 octobre 1789 0006_j10

Le comte Axel :
Ah c'est une bonne idée. Je n'y aurais pas pensé .   Hop! 

.
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Message par Mme de Sabran Sam 05 Juil 2014, 17:06


Attachboy a écrit,

Mer 22 Juil 2009 - 0:24 à la Conciergerie

Les fameuses journées des 5 et 6 octobre 1789, durant lesquelles le peuple alla chercher la famille royale à Versailles sont elles dues au hasard ? Ou s'agit-il d'un vaste complot ?

Je pense ,pour ma part, que cette émeute à bel et bien été fomentée délibérément.

D'abord, il y a eu un "précédent" peu connu . Dans la nuit du 30 au 31 août 1789, les gardes françaises chargés de la protection du château de Versailles désertes leurs casernes et abandonnent la ville pour aller rejoindre la garde nationale parisienne. Le roi et la reine se réveillent le matin pour découvrir que plus personne ne les défend et que seuls les suisses qui gardaient les appartements sont restés à leur poste.

Et la nuit suivante, celle du 31 août au 1er septembre, (comme par hasard !) 1500 émeutiers partent de Paris pour Versailles. Leurs projets, ramener à paris le Roi et le Dauphin et mettre Marie Antoinette au couvent de Saint Cyr. Ce projet fera long feu. La garde nationale de Saint Cloud les arrête avant qu'ils n'aient franchi la Seine.

Ils auront plus de chance le mois suivant. L'absence opportune du roi parti chasser près de Charenton empêche de prendre une décision rapide, personne à Versailles ne voulait le faire sans son aval ! La nouvelle de la marche des femmes est arrivée au château à midi. Et le roi y est revenu vers 18 H. Qu'a-t-on fait pendant tout ce temps-là ?

Seule une personne appartenant à la cour pouvait savoir à quel moment le roi ne serait pas là...

Il y a d'autres détails qui me chiffonnent. Ils concernent l'invasion du château le lendemain matin. D'abord, comment ont-ils passé les grilles ????

Ils sont entrés par la grille de la chapelle, et dans le palais par l'escalier de marbre. Tous les contemporains qui parlent de l'événement le disent : ce fut une poussée directe vers les appartements de Marie Antoinette. Comment ont-ils trouvé leur chemin dans ce caravansérail immense qui leur était inconnu ? alors que la plupart de ses marchandes de poissons n'avaient jamais vu Versailles, et n'avaient aucune idées de ce à quoi ressemblait un château ?

D'autant plus qu'on est au mois d'octobre, qu'il est 5 heure du matin, qu'il n'y a ni électricité, ni projecteur ni rien de nos inventions modernes. L'éclairage public n'est qu'une utopie illusoire et ce n'est pas leurs torches, lanternes ou bougie qui peuvent les aider à se repérer....

Marie Antoinette, elle, sera réveillée par deux de ses dames : elles l'informent que le peuple envahit le château et qu'elle doit s'enfuir chez le roi. Les trois dames entendent des cris épouvantables : à deux antichambres d'elles, dans la salle des gardes de la Reine, les gardes de Marie Antoinette sont en train de se battre. Plusieurs d'entre eux mourront à coups de haches pour lui sauver la vie.

C'est par ces petits appartements qu'elle va s'échapper, pendant que le roi se précipite à son secours par le passage secret qui relie leurs deux appartements.

Lorsque les émeutiers s'aperçoivent que la Reine s'est enfuie, il se retournent vers l'antichambre de l'œil-de-bœuf pour la surprendre. c'est un détail qui prouve que l'architecture intérieur du château leur était connus. Ce qui est anormal.

Alors, qui les a guidés ?

Majesté :

Il est d'usage d'attribuer cette influence de guidage au duc d'Orléans...
Certains ont même dit qu'il les aurait conduit en personne...  boudoi29 

Bien à vous.

Attachboy :

je ne le pense pas. Il ne faut pas croire sur parole tout ce que certains ont pu écrire dans leurs mémoires.

Bien des gens qui avaient fait partie de l'entourage du roi ou même de sa famille avaient des choses à se faire pardonner. Fort peu d'entre eux avaient imaginer qu'un jour, un Bourbon reviendrait au pouvoir... Plusieurs ont dû sentir autour de leur cou une désagréable sensation de coupure en pensant à l'échafaud... et se sont donc empressés d'écrire mémoires, livres, où ils ne tarissaient pas d'éloges sur "la pauvre reine martyr qu'il avaient servie jusqu'au bout..."

Quand on veut faire oublier qu'on s'est sauvé en courant après le 14 juillet, fait partie d'un comité de la convention ou travaillé pour Napoléon Bonaparte, un duc d'Orléans qui s'est fait appelé "égalité", a voté la mort de Louis XVI, et abritait les contestataires dans les jardins de son palais royal apparait comme le bouc émissaire idéal. Surtout si ce dernier, passé "au rasoir national" avec ses copains, n'est plus là pour dire le contraire. es morts ne mordent pas et ne se défendent pas. Ils sont donc souvent bien pratiques.

Pour ce qui est de l'épisode ou le duc d'Orléans, "déguisé, aurait guidé les émeutiers au haut de l'escalier de marbre"... Cette calomnie (car s'en est une sans aucun doute), vient entre autre des mémoires de madame Campan. Cette dernière, (elle aussi a travaillé pour Napoléon, et Madame Royale, devenu duchesse d'Angoulême, ne l'avait pas oublié) a eu un peu tendance à déformer la vérité. ce qu'elle raconte contredit souvent ce que nous apprennent les pièces d'archives. De plus elle reconnait elle même que ce jour là, elle n'était pas présente sur place. Tout ce qu'elle raconte sur le 5 et 6 octobre lui a été répété par sa sœur. On ne pas donc pas lui faire confiance à ce niveau là.

De plus dans son livre "le Prince Rouge", André Castelot a démontré, grâce à un document retrouvé dans les archives du ministère des affaires étrangère, que, à l'heure ou les assassins affrontaient les suisses dans la salle des gardes de la Reine, le duc d'Orléans se trouvait encore au Palais Royal. Ce qui n'est pas surprenant, il n'était pas en odeur de sainteté à Versailles. Il ne s'y rendait donc que quand sa position à la cour l'y obligeait.

Enfin, réfléchissons un peu. Qui était le duc d'Orléans ? Un prince de sang, (ce qui signifie qu'il appartenait à la famille royale), et l'homme le plus riche du royaume après le roi. Ce genre d'individu ne se déplace jamais sans une cohorte de domestique. Si il fait tomber un papier, il va convoquer l'un d'entre eux pour qu'il le ramasse à sa place. A supposer qu'il est quelque chose à voir avec l'émeute, (ce qui n'a jamais été prouvé), il n'aura bien évidemment pas la naïveté de le faire en personne : il utilisera des sous fifres à sa place. L'affaire aurait très bien pu foirer.

Pour finir, en 1789, vue sa position par rapport au reste de la famille, il n'avait un peu près aucune chance de monter sur le trône, même en cas de mort du roi. Ceux de ces contemporains qui l'ont accusé ainsi n'ont pas fait preuve d'une grande intelligence.

François :

Le Duc d'Orléans envisageait de prendre la place du Roi. Comment un cousin et prince du Sang peut-il voter la mort de son Souverain sans vouloir être calife à la place d'icelui ? Il voulait le pouvoir et être à la première place du Royaume.
Mais contrairement à ce que vous prétendez, cher Attachboy,  il n'est pas l'homme le plus riche de France après le Roi.
C'est le Duc de Penthièvre, beau père de Mme de Lamballe à qui revient cet honneur.

Votre serviteur

Mr de Talaru

Majesté :

Il est aussi le beau père du Prince Rouge !  Wink 
C'est donc la Duchesse d'Orléans qui peut être considérée comme la personne la plus riche de France et ce même avant le Roi, je pense...

Bien à vous.

Kiki :

Il ne faut pas oublier que Versailles comptait des domestiques, ceux-ci auraient pu les guider.

Quant à la désertion des postes, les gardes auraient pu avoir la patte graissée, or seul quelqu'un de haut placé avec assez d'argent aurait pu s'offrir ce luxe, car les gardes étaient payés et en abandonnant leur poste ils perdaient également leur solde.

Pou :

En ce qui concerne l'invasion du château, je ne suis pas sûr qu'il faille nécessairement penser que les assaillants sont tout de suite allés au bon endroit, sans réfléchir...la notion du temps à ce moment là nous est vague, et vu leur nombre on peut très bien penser qu'ils sont allés n'importe où, là où il y avait des gardes par exemple, et en passant par les grands axes ils n'avaient de toute façon que peu de chance de ne pas trouver quelqu'un de la famille royale :s:
Donc pas sûr non plus que quelqu'un les ait guidés, ils ont très bien pu laisser aller leur instinct, ils avaient l'avantage du nombre.
De plus, quelques femmes étaient déjà rentrées la veille pour demander du pain et un accord à Louis XVI.

Quant à leur entrée par les grilles...là...bonne question en effet...peut-être ont-ils soudoyé un garde?

Attachboy :


C'est peut être possible.
Je voudrais ajouter quelques détails :

Madame Campan, (toujours elle) raconte dans ses mémoires avoir aperçu le marquis de Saint Huruge (pas pendant les journées d'octobre, mais avant. je ne sais plus quel jour) montrer à une tierce personne les fenêtres de la salle du trône (c'est à dire le salon d'Apollon), en tenant des propos dont je ne me rappelle plus la teneur mais qui étaient contre la monarchie.

Le matin du 6 octobre, la Reine avait été réveillée une première fois par des bruits qui venaient de sous ses fenêtres. Elle avait appelé l'une de ses dames qui lui avait dit que c'était des femmes de Paris, qui n'avaient pas trouvé à se loger et qui se promenaient sur la terrasse. Quelques instants plus tard, ses dames l'avait réveillée une deuxième fois : la foule avait envahi le palais et cherchait l'entrée de son appartement.

Madame de la tour du Pin parle ,elle aussi, des journées d'octobre dans ses mémoires. Les fenêtres des appartements de Mesdames, situés au rez de chaussé, avaient été brisées et les émeutiers étaient arrivés jusqu'aux appartements du ministre de la guerre.


En envahissant le palais, ils avaient d'abord désarmé les deux suisses avant de monter l'escalier de marbre. Ils sont entrés dans la grande salle des gardes du corps, (aujourd'hui, la salle du sacre), puis dans la salle des gardes de la Reine, pendant que les soldats qui se trouvaient dans la première pièce se repliaient dans l'antichambre donnant accès à l'aile du midi.

Deux des dames de la reine, ignorant les consignes de leur maîtresse, avaient passé la nuit devant la porte de sa chambre. En attendant les clameurs, elles avaient été voir à l'entrée de l'appartement ce qui se passait et avaient vu un garde, couvert de sang, bloquer de son corps la porte de l'antichambre. Ce dernier leur ayant dit d'aller sauver la Reine, car "on venait pour la tuer", elles avaient fermé à double tour les portes de la salle des gardes et des deux antichambres, avant de réveiller la Reine.


Pour la suite, il existe deux versions. Selon la première, les émeutiers entrèrent dans la chambre et transpercèrent le lit de la Reine avec leurs piques. Selon la deuxième, ils arrêtèrent à la porte, quelqu'un leur ayant dit que la Reine n'était plus chez elle. C'est à ce moment qu'ils s'étaient précipités dans l'autre sens, vers l'appartement du roi, pour essayer de la "récupérer" à la sortie.

Quand à Louis XVI, il s'était lancé au secours de son épouse par un couloir secret reliant leurs appartements, et, étant rentré dans la chambre, il n'y avait trouvé que des gardes du corps qui lui avait dit que la Reine était déjà partie. Il s'était alors précipité au rez de chaussés pour aller chercher son fils, tandis que Marie Antoinette était déjà partie pour aller chercher Madame Royale.

Pou :

Oui votre version est cohérente avec ce que j'ai pu lire aussi, et il me semble que la thèse selon laquelle les assaillants ne sont jamais rentrés dans la chambre de Marie-Antoinette est de plus en plus suivie Very Happy

Cette journée a aussi surtout été un gros ratage pour La Fayette et ses hommes, arrivés nettement trop tard alors que les informations circulaient bien à Paris. Et double erreur, le soir du 5, au lieu de veiller sur le château il part tranquillement dormir avec ses troupes en affirmant au roi qu'il n'y aurait pas de problème...faisait-il à ce point confiance au peuple?
Mais pour faire bouger autant de monde à pied de Paris à Versailles, je pense qu'il faut plus qu'une famine, sachant que selon Bailly le maire de Paris, la plupart des informations comme quoi il n'y avait plus de pain à Paris étaient fausses et véhiculées par certains proches du Palais-Royal.
Je n'incrimine par forcément Orléans car je ne pense pas qu'on peut raisonnablement tout lui mettre sur le dos, mais pour les 5-6 Octobre il est clair que le Palais-Royal n'y est pas pour rien, ne serait-ce que dans l'exagération sur l'état des subsistances .

Kiki :

Je ne sais pas si on connaitra un jour la vérité.
Je ne suis pas vraiment un défenseur du duc d'Orléans, mais je trouve qu'on a tendance à lui mettre un peu trop de choses sur le dos.

selon Stefan Zweig, c'est Le fameux marquis de Saint Huruge qui aurait préparer secrètement l'expédition.

Pou :

Oui je suis d'accord Orléans est une cible trop bien facile même si cet homme a clairement trempé dans des magouilles peu recommandables, c'est pour ça que je reste prudent avec lui moi aussi Wink
Et puis selon moi Palais-Royal n'égale par forcément Orléans, car on ne sait à priori pas s'il maîtrisait tout ce qui se tramait là-bas Very Happy Qu'il ait fermé les yeux là oui, qu'il n'ait rien fait pour calmer les choses oui, mais qu'il soit responsable de tout là non :s:
Par contre quand même Bailly qui n'avait rien contre lui se met à le nommer dans des combines louches, là je le crois Et vis à vis des farines et de l'approvisionnement de subsistances vers Paris, il semble qu'Orléans soit vraiment peu clair, ce qui a eu un lien avec le 5 octobre.

Je me méfie un peu de Zweig, comme de Campan d'ailleurs.

.
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Message par Mme de Sabran Sam 05 Juil 2014, 17:21



On vivait alors dans une telle hantise du complot orléaniste que Bertrand de Molleville ose affirmer que le Roi et la Reine se résolurent à partir pour Paris parce qu'ils étaient persuadés " que les agents de la faction d'Orléans, qui dirigeaient à leur gré tous les mouvements des brigands et des rebelles, employaient dans ce moment les manoeuvres les plus actives pour faire proclamer sur-le-champ le duc d'Orléans, si Louis XVI se refusait au prétendu voeu de la capitale que la populace lui exprimait par ses acclamations.

( E.Lever )

Miche a écrit :

Huhum... On comprend de mieux en mieux pourquoi Marie-Caroline a fait jurer à ses enfants de se venger des Orléans.

J'ai écrit :

Molleville, comme beaucoup d'autres, ne semble pas se rendre compte que la Révolution n'était pas une révolution de palais. Si le parti orléaniste avait été aussi puissant qu'il le prétendait, il lui eût été facile de s'emparer du pouvoir. Les détracteurs du prince ont toujours semblé ignorer que la réussite d'un complot ne se conçoit guère sans le soutien de véritables forces politiques, la complicité de plusieurs titulaires de postes clefs dans l'Etat, l'appui des forces armées. Cela suppose une organisation sans faille, menée par de véritables chefs appliquant un programme . Il faut également que la nature du nouveau pouvoir issu de la conjuration, coïncide plus ou moins précisément avec les aspirations du plus grand nombre, ce qui ne va pas sans un savant dosage de participation et de passivité populaire . Il est superflu de rappeler qu'il faut de l'argent pour fomenter des émeutes et acheter des complicités . L'argent, toutefois, ne suffit pas . Le duc d'Orléans disposait certes d'une belle fortune et jouissait d'une certaine popularité, mais sur qui pouvait-il compter ? Ecrivain de génie, capitaine d'artillerie par la force des choses, Laclos n'était ni un politique ni un meneur d'hommes . Biron et Sillery, joyeux compagnos de débauche, experts en libertinage, étaient tout juste bons à inspirer Laclos pour un nouveau roman. Quant à Latouche-Tréville, il faisait plutôt figure de comparse. Une révolution se réclame-t-elle de semblables maîtres ?
s'interroge E. Lever .

Laclos, Sillery, Biron .... peut-être, mais une pointure comme Mirabeau, c'est tout autre chose.
L'argent ne suffit pas, non, mais il est le nerf de la guerre.
Le savant dosage de participation et de passivité populaire, les factieux l'ont : participation achetée par l'argent, et passivité de tous ceux qui ne disant mot consentent.

Que la nature du nouveau pouvoir issu de la conjuration coïncide avec les aspirations du plus grand nombre, c'est le cas, puisque la noblesse, la bourgeoisie, le peuple, aspirent au changement .
Une organisation sans faille, appliquant une programme cohérent, euh .... c'est sans doute là le talon d'Achille . L'organisation est plutôt un peu éclatée et bordélique : notamment à cause de l'opposition qui dresse Mirabeau et la Fayette l'un contre l'autre .
L'appui des forces armées, nous savons bien comment le Palais-Royal se l'assure par une débandade générale, argent, vin à gogo, femmes de petite vertu ....

La complicité de plusieurs titulaires de postes clefs dans l'Etat, existe : même s'ils ne sont pas complices d'une quelconque conjuration, Necker et Montmorin exhortaient bien le Roi ( avant Juillet ) à marcher avec les idées nouvelles ... car, mais si mais si, à ses balbutiements la Révolution était bel et bien une révolution de palais .
Et puis, petite révolution est devenue grande.

On ne sait si le duc d'Orléans regagna le Palais-Royal le 6 octobre tard dans la soirée ou le lendemain matin. Le comte de Neuilly et le marquis de Clermont-Gallerande disent qu'il se cacha derrière ses fils sur la terrasse de la maison de Boulainvilliers pour voir passer le sinistre cortège ramenant le Roi à Paris .

( E. Lever )

Majesté :

Or on sait que la Marquise de Boulainvilliers fut la protectrice de Jeanne de Lamotte...
Doit-on, peut-on imaginer un lien entre la voleuse et le renégat?

Bien à vous.

Moi :

J'étais bien sûre que Miche tilterait, mais tu l'as prise de vitesse , Majesté !!!  :n,,;::::!!!: 
Hein, crois-tu que nous restons en pays de connaissance !!!!!
Le mardi 6 octobre 1789 est le jour même de l'anniversaire de Louis-Philippe d'Orléans . Il a seize ans !!!
En somme, quand de la terrasse de la maison Boulainvilliers à Passy il regarde passer la famille royale ramenée à Paris entre les deux têtes des gardes du corps, il vient peut-être tout juste de souffler ses bougies ....

Mme d'Aumont ( Mélanie-Charlotte de Rochechouart-Faudoas ) est arrivée, le 7 septembre 1789 , à Berne où résidaient les Polignac . Elle apportait une lettre de Marie-Antoinette à Yolande .
Cette dame brosse un tableau alarmant de la situation en France que Vaudreuil rapporte au comte d'Artois :

Elle convient que tout ne va pas au mieux possible . Il avait pris une forte envie au Palais-Royal d'aller chercher le Roi à Versailles pour le mener à Paris, et M. de la Fayette a eu beaucoup de peine à empêcher l'exécution de ce projet; il en est cependant venu à bout pour cette fois; mais il est à craindre que cette tentative ne se renouvelle . Cela fait frémir . Ce qui a donné lieu à cette insurrection, c'est que le clergé et la noblesse à l'Assemblée nationale se sont réunis, et ont entraîné une partie du tiers pour que la sanction royale fût nécessaire à la validité des lois, et pour donner au Roi tout le pouvoir exécutif .


Ainsi donc, dès septembre ( !!! ) on fomente dans la mouvance orléaniste la marche sur Versailles.


Vaudreuil n'arrive pas à croire possible une telle démarche contre Louis XVI :
Quant aux nouvelles, il est difficile de les savoir dans l'exacte vérité de la bouche d'une démagogue, et Mme d'Aumont en tient .


Pourtant, Mme d'Aumont a tellement raison qu'un mois plus tard cette menace sera mise à exécution et toute la famille royale ramenée captive aux Tuileries . Non seulement la Fayette n'empêchera rien du tout cette fois, mais il tirera des 5 et 6 octobre toute la gloire personnelle que nous savons.

Reinette :

Incroyable! Les 5 et 6 octobre 1789 7914343
Quand les gens cesseront-ils de croire que la Révolution est le fruit spontané d'un peuple affamé ?
Comme quoi le banquet donné au régiment flamand est vraiment une excuse bidon.
Malheureusement, on ne cessera de nous montrer cette scène dans tous les manuels scolaires.
Avec la cocarde foulée en prime.

.
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